Alpha du Centaure
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 Fragment #18 – Journal [1]Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Alioth
Etoile d'Encre



Inscrit le : 11 Avr 2008
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Localisation : Paris
Personnage : Amaury

MessageSujet: Fragment #18 – Journal [1]   12.05.08 14:45

Lundi 12 mai 2008
à Paris

Jeudi
J’ai dû quitter ma place dans le train, parce qu’à côté de moi, il y avait un mec qui prenait toute la place, gesticulait sans cesse, soufflait toutes les dix secondes, me fixait longtemps du regard (et je faisais mine d’être absorbé par L’égoïste romantique de Beigbeder). Voiture du bar, voiture numéro 5. Une fille un peu roots, un peu hippie, un peu soixante-huitarde quarante ans après, est en longue conversation avec un mec qui, visiblement, souhaite la baiser (il dit « oui » à tout ce qu’elle raconte et elle raconte beaucoup de conneries). En l’écoutant, je me rends compte que tout le monde déteste Sarkozy et que personne n’a voté pour lui et je me demande si ce mec n’est pas un dieu puisqu’il est Président de la République sans que personne n’ait voté pour lui. Je bois un peu d’eau en regardant le paysage défiler. Des champs immenses de colza s’étendent à perte de vue et c’est joli.

Vendredi
Ma mère chante la même chanson en boucle et elle ne connaît qu’une phrase qu’elle mixe tout le long de la chanson. Elle chante tout en montant les marches qui mènent aux hauteurs de Sanary sur Mer. Le temps est très venteux et le soleil assez absent. Mais il fait bon. Je suis en tongs et elles me déchirent la peau des pieds. Dans la descente très raide qui mène au bord de plage, je crois que je vais m’arracher un doigt de pied. Finalement, je décide de retirer mes tongs et de me brûler la plante des pieds. A la terrasse du bar-restaurant, il y a quelques loquedus qui parlent fort. Ils ont tous l’air d’être des pachas, mais on sent les prolétaires qui se la donnent. Je dis à ma mère « c’est assez populaire ici, non ? » et ma mère hausse les épaules : je crois qu’elle n’aime pas mon dédain pour l’humanité (presque) entière. Deux personnes derrière parlent de la plage, des posidonies et de la prolifération de ces algues (j’ai envie de me retourner et de leur dire que ce ne sont pas des algues). Elles en parlent pendant dix minutes et je me demande comment on peut parler si longtemps d’un sujet qui se résume à peut-être trois phrases (Tu as vu un peu comme les posidonies prolifèrent cette année ? - Oui, c’est clair, l’année dernière l’eau était moins sombre que cette année, mais c’est une espèce protégée en Méditerranée. - Ouais j’ai lu ça quelque part, c’est pour ça qu’on n’a même pas le droit de faire la traversée entre l’île du Gaou et l’île des Embiez).

Je mange des nouilles japonaises avec du poulet et ma mère a pris un thon accompagné d’un cornet de glace rempli de purée de carotte. Je ne sais plus ce que mon père a pris.

Samedi
Il ne fait toujours pas beau. Nous marchons pendant des heures sur le bord de mer. Le vent est fort et ma mère se plaint tout le temps parce que sa coiffure ne doit ressembler à rien du tout. Je trouve effectivement qu’elle ne ressemble à rien, mais pour une fois je pense qu’on n’est pas là pour faire un concours de mode. Je répondrais bien à ma mère qu’elle aussi est superficielle de temps en temps (elle me le dit sans cesse), mais je crois qu’elle le prendrait mal. Allongés (affalés ?) sur les rochers pointus de l’île du Gaou (j’ai mal au cul), je regarde une mouette voler, piquer du bec dans l’eau, ressortir avec un poisson à tous les coups. Elle fait cela quatre fois de suite. N’en pouvant plus (je soupçonne que cette mouette fasse son cinéma juste parce qu’on la regarde), je m’approche de l’endroit où elle trouve tous ces poissons : je ne vois rien du tout. Alors que je retourne à ma place pour m’asseoir, elle pique à nouveau du bec et ressort de l’eau avec un nouveau poisson. Salope !

Samedi soir
Rien. Nous regardons un film qui me fait pleurer, mais comme je suis avec mes parents, je vais aux toilettes pour pleurer.

Dimanche
Aux Herbiers, je croise un Noir dans la rue qui monte vers la petite place de la vieille ville. Je remarque que c’est un Noir parce que c’est le premier que j’ai vu ici en trois jours. Je commande des spaghettis carbonara, ma mère me dit que ce n’est pas comme cela que je vais maigrir (pourquoi veut-elle tout le temps que je maigrisse alors que je me trouve parfait ?) et mon père fume une cigarette. Le serveur apporte mes spaghetti et les salades pour mes parents : les salades sont énormes, on dirait qu’il y en a pour quatre ; ma mère ne dit rien du tout. Le ciel se couvre un peu plus et il y a de plus en plus de vent. Un garçon à côté de moins (je lui donne quinze ans) manque de me faire bander. Je me demande si je deviens pédophile. A force de le regarder, ma mère se retourne pour savoir ce qui me fascine à ce point. Je ne sais pas si elle comprend.

Lundi matin

Dans le train, sur le chemin du retour. Je partage ma place avec trois gars d’une vingtaine d’années. Des Arabes. Ils ne sont ni beaux ni moches. Ils parlent dans un langage que j’ai du mal à comprendre, jusqu’au moment où je saisis un peu le contexte : ils vont sur Paris pour faire un Battle de hip hop break dance. Gare de Lyon, j’ai l’impression de respirer : bruit des sirènes de pompier, des gens qui râlent, une chaleur étouffante.
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Alsciaukat
Etoile d'Encre



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MessageSujet: :)   12.05.08 15:15

C'est sympa ce petit récit sous forme de journal Smile Amaury qui ne baise pas, ça détend ^^'
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Altaïr
Etoile d'Encre



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Inscrit le : 13 Mar 2008
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Personnage : Julian

MessageSujet: Re: Fragment #18 – Journal [1]   12.05.08 15:21

Fragment original, c'est chouette Wink
La mouette m'a bien fait marrer Very Happy

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Procyon
Etoile d'Encre



Inscrit le : 11 Avr 2008
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MessageSujet: Re: Fragment #18 – Journal [1]   14.05.08 16:55

Quel citadin, il ne respire que dans la pollution. Pouah ! C'est génial, le personnage affirme de plus en plus sa personnalité !! alien
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