Alsciaukat Trou Noir

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 | Sujet: Fragment #111 - Je ne sais simplement pas comment réagir 13.04.08 16:46 | |
| Samedi 6 octobre 2007 à Tours
Le rêve. J'ai rêvé de lui. Tout tourbillonne autour de moi. C'est trop étrange. Certaines personnes se sont mises à pleurer, d'autres restent le regard dans le vide, et les derniers parlent entre eux à voix basse. Je reste seul dans mon coin, stupéfait. J'ai rêvé de lui. Je sors mon portable, écris un sms à Léa pour lui expliquer rapidement la situation. C'est trop étrange. Ca dépasse tout ce à quoi j'ai pu être confronté jusqu'alors. La coïncidence est trop forte, et je suis effrayé. Si encore je n'avais pas rêvé de lui, tout cela n'aurait eu aucune importance. Un de plus, un de moins... Mais là tout est différent. Je l'ai vu face à moi, je l'ai mangé. Le professeur ne sait pas vraiment comment réagir, lui aussi est complètement perdu. Il bafouille des mots, parle de suivi psychologique possible pour ceux qui le souhaitent, nous dit de rester calmes. Il n'a jamais été confronté à cette situation. Et moi non plus, jamais de la sorte. Jamais après en avoir rêvé si distinctement. Je range mes affaires dans mon sac, me lève. J'ouvre la porte, et le professeur m'interpelle pour savoir où je vais. Je lui réponds simplement : je vais chez moi. Il hésite, il cherche un argument pour me retenir. Il me demande de rester. Je pars. Il n'y a pas de bruit dans les couloirs. Les cours ont déjà tous commencés. Je croise l'un de nos délégués qui revient avec une CPE. Il me regarde sans comprendre mais ne dit rien. Son visage est fermé, ses lèvres tremblent. Ses yeux sont morts. La CPE ne prend pas garde à moi. Ils disparaissent au loin. J'arrive dehors, sous un ciel chargé de nuages sombres. L'air est électrique, et des fourmis courent dans mes membres. Je suis encore sous le choc. Il y a quelque chose d'anormal, peut-être suis-je encore en train de rêver. Des vertiges me donnent l'impression d'avoir mes pieds à des kilomètres de ma tête, et mon pas est vacillant. En mon esprit éclate l'orage, une pluie fine qui brouille mes pensées et des éclairs qui transpercent mon cerveau. Je ne sais simplement pas comment réagir. Je ne m'étais pas préparé à cela. Mes pas me mènent à l'arrêt de bus, et je monte dans le premier qui se présente. Je n'arrive toujours pas à croire que Karim soit mort. |
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