Mintaka Trou Noir

Age : 21 Inscrit le : 11 Avr 2008 Messages : 142 Localisation : Dijon
 | Sujet: Fragment #69 - L'Inconnue de la Fac 12.04.08 16:14 | |
| Lundi 9 juillet 2007 à Dijon
Le bus numéro cinq me dépose juste un peu plus haut que la BU. La fac semble presque vide ces jours-ci, comparée à l’effervescence qui la caractérise en temps d’examens ! J’ai décidé d’aller voir noir sur blanc mon nom sur les fiches d’admission. Je sais, c’est ridicule, mais avec Kokhavah qui arrive, je ne suis pas vraiment sûre d’y revoir mon nom l’an prochain.
SALVINT Thomas SERAPHIN Maud SINAMOR Julien SINCLAR Lola…
Petite bouffée de fierté. C’est mon nom qui est là. Il a tenu bon, malgré les galères de cette année. Ludo, Julian, ma grossesse. Je sens Kokhavah gigoter. Mais non ma belle, tu n’es en rien mon excuse si jamais j’avais échoué ! Je profite de ma visite à la fac pour aller chercher ma liste de livres pour l’an prochain. Anouilh, L’Hermite, Roth, Kundera, Ronsard... Je sens que je vais me régaler ! J’adore découvrir de nouveaux auteurs, et avec eux toute une époque, un état d’esprit, des sensations uniques à chacun d’eux. Je me dirige vers l’arrêt du bus. Là même où le numéro cinq m’a posé il y a seulement une petite heure. Mes yeux balayent le campus, vide. Si vide que mon regard se porte rapidement sur une jeune fille titubant. Elle passe difficilement le pont qui revient des facs de sciences, puis s’écroule aux pieds du resto universitaire. J’accoure près d’elle, le pas alourdie par mon ventre, précieux et fragile. En quelques instants, courts mais pourtant très longs, j’arrive près d’elle et m’agenouille. « Mademoiselle ? Hey Mademoiselle vous m’entendez ? » Je tapote délicatement ses joues pâles, puis plus violemment. Elle ne bouge toujours pas. Elle reste là, étalée par terre, son visage diaphane perdu au milieu de ses cheveux blonds comme les blés. Son sac s’est renversé autour d’elle, et je tente tant bien que mal de rattrouper ses affaires, composées de quelques stylos et d’un bulletin de notes. J’approche mon oreille près de sa bouche. Je me sens ridicule de réitérer les gestes que j’ai vu pratiquer par les acteurs de Grey’s Anatomy, mais il faut bien que je sache si elle respire encore. Un léger souffle vient chatouiller mon oreille. Elle respire, mais pour combien de temps ? J’attrape mon téléphone dans mon sac, et compose le numéro d’urgence. « Les Urgences j’écoute ? - Heu oui Madame, j’ai une jeune fille évanouie là… - Ne paniquez pas, qu’est ce qui s’est passé ? - J’en sais rien, j’la connais pas. J’étais à la fac, j’l’ai vue et puis pouf, elle s’est écroulée. - Et elle respire ? - Heu oui j’crois… Bon, vous venez ? - Vous êtes encore à la fac ? - Oui, près du RU Montmuzard. - Ok, bougez pas, on arrive. » Cinq minutes plus tard, les secours sont là. Ils l’emmènent rapidement dans leur ambulance. « Heu, j’peux venir ? - Vous êtes de la famille ? - Mais non j’vous ai dit que j’la connaissais pas… - Alors vous pouvez pas venir, désolé. - Ouais et vous allez laisser une femme enceinte toute seule sur le trottoir alors ? - Bon allez montez, de toute façon on n’a pas le temps de discuter là. » Je les entends parler, avec des termes incompréhensibles. Ils annoncent des chiffres, s’agitent. Ca n’a pas l’air si stressant dans Grey’s Anatomy. « Hey il me faut son prénom pour la déclarer à l’hôpital les mecs, on a quelque chose ? - Ouais attends y a son portefeuille dans son sac… » Ma blonde inconnue s’appelle Déborah. Mademoiselle Déborah Spinner. |
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