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 Fragment #88 – Ses yeux fermés

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Procyon

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MessageSujet: Fragment #88 – Ses yeux fermés   07.05.08 19:59

Mercredi 7 mai 2008
à Dijon

14h16. Je sors du CODIS. Ils ne pouvaient pas me communiquer l'information par téléphone. Une fois sur place j'ai quand même dû user d'un peu d'acharnement, et de relations, pour obtenir le précieux renseignement. Il n'avait pas encore 15 ans et 3 mois, donc il n'a pas pu être accueilli à l'hôpital général et a été conduit à l'hôpital d'enfant. Cédric Lenord. De la rue Gagnereau je marche jusqu'à l'hôpital. J'ai le temps devant moi, autant le prendre. Le petit vent qui court et longe les murs me suit sans me rafraîchir. Il fait chaud sous ce soleil de printemps. J'arrive devant l'hôpital après une petite heure de marche au grand air pollué. J'ai un mauvais pressentiment. Je veux en avoir le cœur net, alors je contourne la barrière et me présente à l'accueil.
« Bonjour Madame. Excusez-moi, je souhaiterais un renseignement.
-Oui, que désirez-vous ? » C'est une femme pleine d'embonpoint, habillée en rose bonbon sous sa blouse blanche. Elle porte un collier à grosses perles, roses évidemment ; le genre excentrique à la langue pendue. Elle écrase la chaise et occupe tout l'espace derrière le bureau. On dirait une grosse barbe à papa.
« Un Cédric Lenord est entré lundi 28 avril vers six heures du matin, et j'aurais aimé savoir s'il était toujours ici.
-C'est gentil de t'inquiéter pour ton camarade. Attend je regarde. » .
Je me retiens de lui dire que je ne le connais pas, déjà que j'ai évité l'habituel Vous êtes de la famille ? , alors je m'estime heureux d'être tombé sur cette bavarde surexcitée. Elle pianote sur son clavier, puis lève les yeux vers moi dans un grand sourire.
« T'as de la chance mon petit, il est encore là ton ami. Chambre 216. » Comme je me suis juste mis à sourire, que je restais interdit devant son bureau, elle insiste.
« Tu peux y aller, il va être content de te voir, je suis sûr. Allez file. » Et comme je ne bouge toujours pas -pris entre le désir de savoir comment il se porte, et l'envie de sortir de ces murs blancs-, la dame-à-papa hèle une de ses collègues qui traverse le hall à grands pas: « Nadine, emmène le jeune homme dans la 216. Il veut voir son ami, mais il ne sait pas où c'est. ».
Je ne suis pas si bête, c'est la seizième chambre du deuxième étage. Le fait est, que maintenant je ne peux plus reculer, je vais être obligé de le voir de près. Je suis la grande femme -qui l'est moins que moi, mais plus que la petite rondouillarde- qui trotte sur ses talons. Elle laisse voler sa blouse derrière elle dans les couloirs qui sentent l'éther. À quelques mètres de la porte, elle arrête son chignon tiré que je regardait avancer, et pointe son doigt en direction de la chambre 216. Une collègue vient lui parler d'un patient. Si elles restent dans le couloir je vais être obligé d'entrer. À cet étage ce ne sont que des chambres de repos, c'est déjà ça. Elles restent dans le couloir je suis obligé d'entrer. Je frappe délicatement et pousse la porte silencieusement. J'entre à pas feutrés. La chambre est bleu clair. Je tourne la tête sur la gauche en direction du lit, toujours ignorant de ce que je vais trouver. Si ça se trouve il y a eu erreur, et ce n'est pas Cédric. C'est bien lui, je le reconnais, il est comme je l'ai vu cette nuit encore. Je l'appelle par son prénom comme si je le connaissais. Cédric. Il ne répond pas. Ses yeux sont fermés. Il dort. J'ai de la chance. Je vais m'asseoir sur cette chaise sans faire de bruit. Je vais attendre un petit peu, et je m'en irai. Depuis ma place je vois le ciel au dehors, ce soleil qui commence déjà à descendre. La pièce est fraîche. Je le regarde, lui, ses cheveux blonds, sa peau claire, sa gueule d'ange, et ses yeux fermés. Il a l'air tranquille ici. Étendu sur ce lit. Moi je suis rassuré. De quoi, je ne sais pas. Il a l'air plus réel. Et il a de vrais yeux, enfin, je suppose parce que je ne les vois pas derrières ses paupières. Son visage m'est familier, presque intime, comme si j'avais toujours connu ce gosse.
Mes yeux se perdent entre la vitre et le ciel; je pense à Melissa. Ou plutôt je pense à ce poème de Paul Eluard qui dit un truc un peu comme ça :
Elle est debout sur mes paupières,
Ses rêves en plein lumière font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Zut, j'en ai oublié des morceaux de cette Amoureuse. La mienne est belle et fraîche. Pas comme cette chaise qui commence à coller à mon jean. Je me lève, fais le tour du lit, regarde par la fenêtre, puis pose les yeux sur la plaquette au bout du lit. Je ne saisis pas tout, mais apparemment de ce que je comprends son état est stationnaire, il est hors de danger et doit rester encore quelques jours en observation, parce qu'à son âge ce n'est pas normal de faire une rupture d'anévrisme. Une rupture d'anévrisme. Ces mots résonnent froidement dans ma tête. Ça me glace le sang. Je lâche la plaquette qui vient taper sur le bois du lit. Zut, il se réveille. J'attrape mon sac sur la chaise et mes lunettes de soleil sur la commode. Je détale comme un lapin; j'ai seulement le temps d'entendre « Attend ! » avant que la porte ne se referme derrière moi.
Dehors le soleil est bas dans le ciel, je m'allume une clope. Je suis bête d'être parti comme ça. Je ne sais pas ce qui m'a prit, je l'ai vu bouger, mon sang n'a fait qu'un tour, je n'ai pas réfléchit, j'ai choisit la fuite. En même temps, comment lui expliquer ma présence ?


Dernière édition par Procyon le 07.05.08 22:18, édité 2 fois
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Alsciaukat

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MessageSujet: :)   07.05.08 20:57

Oulala tu t'es pas relu >_< J'aime particulièrement le "Je vas" :D

Sinon ben j'ai bien aimé ce frag, on retrouve Cédric, enfin ! Dommage qu'il n'y ait pas eu d'échange, mais j'ai trouvé ça chouette, comment tout l'a conduit dans la chambre et forcé à y rester :)
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Altaïr

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MessageSujet: Re: Fragment #88 – Ses yeux fermés   07.05.08 20:59

Pfff, ben moi je jette l'éponge hein, marre de corriger l'orthographe et la ponctuation. Et puis dans tes derniers titres tu mets un espace après le "#", mais il faut les enlever.

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Alioth

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MessageSujet: Re: Fragment #88 – Ses yeux fermés   07.05.08 23:42

Beau frag. Intéressant.
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Bételgeuse

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MessageSujet: Re: Fragment #88 – Ses yeux fermés   08.05.08 4:05

Trop mal à la tête pour corriger, mais j'adore la dame-à-papa !!
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MessageSujet: Re: Fragment #88 – Ses yeux fermés   

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