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 Fragment #12 - Fading sun

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Sélène

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MessageSujet: Fragment #12 - Fading sun   09.04.08 21:42

Mardi 19 juin 2007
au Kremlin Bicêtre

Chric. Chrac. Je farfouille je bouscule je retourne mon appartement. Dehors il est 3 heures du matin, le Kremlin reste amèrement désert. Je fouille frénétiquement mes placards, mes tiroirs -mes tiroirs un sac de bille au fond- l'esprit déraisonne. Je retrouve les brouillons les esquisses, les plans et les notes de conversation chez Charly, l'Antiquaire. Les textes de mes tripes et les disques funky rayés. Tout est en bordel, étalé sur la moquette. J'ai perdu quelque chose je le sens, et je n'arrive pas à mettre la main dessus. Mon bras me démange. Précisément là où elle a laissé son numéro, la folle aux milles poisons, elle l'a gravé en entailles. L'encre est parti, mais pas le goût amer. Je sens dans mes veines le poids de la circulation lourde remonter jusqu'à mes tempes. Je ne dois pas partir, je ne dois pas partir. L'autre monde est en guerre des sens. Ce territoire que j'arpente de façon incontrôlé. Ces chemins que je dessine aux rages hallucinogènes. Aux théâtres aux tragiques instants d'abandon. Où à chaque fois j'inflige à mon corps les tortures nécessaires au détachement. Je sais que j'y abandonne définitivement des bouts de moi, pour mieux les trouver. J'en discutais à Charly, de méthodes de concentration pour mieux canaliser ces moments et éviter de les subir. J'expérimente des états de concentration poussés à l'extrême, et dans mes échecs je sens mes yeux prêt à disjoncter de leurs orbites, les membres se prendre de tic nerveux. Le sang afflue et la marque discrète à ma tempe prends du relief. Et j'échoue. Et tombe dans un état obsessionnel chaque fois différent. Là, là, j'ai perdu quelque chose. Je le sais. J'ai perdu quelque chose et putain ça m'angoisse. Une cisaille au dessus de l’œil droit, une aiguille, une chaleur éreintante, une angoisse les soirs les nuits les gorges serrées. Merde j'ai égaré un truc, je sais que c'est là ! Agenouillé au sol, mes mains soulèvent les enchevêtrements de papiers d'objets de vêtements. Le stress me prend à la gorge, ma langue est sèche, je sens la tension nerveuse le long de tous les muscles. Et le silence, l'angoissant silence de l'appartement. Et le noir, et le noir les plombs ont sauté, et la peur et la peur inutile peur jusqu'à l'instant où les tambours battants au cerveau où les yeux injectés les veines bleuies s'emballent, la poitrine haletante, je trinque à ton étoile toujours à l'horizon je vacille et m'étale de tout mon long la tête fracassant le coin de la table basse.
J'ai échoué, encore.
Black out. Encore un instant je t'en prie, souffle-moi à l'oreille les mots merveilles d'horizons lointains. La lumière violine qui se dresse aux ras des collines se maquille rouge, se farde d'une humidité salée. Le goût de l'absolu sur mes lèvres l'état poussière d'avoir tout à arrêter là, et maintenant, me berce me caresse la nuque. Encore un peu je t'en prie, fais-moi voyager avec des clichés jaunis des valses de Tiersen mes apothéoses nos amours poudrières, un borsalino un paquet de parisiennes une salle de marbre aux riches velours les drapures sensuelles. Tu sais, j'ai toujours aimé les vielles photos tâchées d'encre d'un phare perché sur ce putain de rocher, un ciel gris... J'ai froid. Laisse refluer en moi le poison. J'ai... mal. Black out.
Je sens mon corps reprendre conscience de la douleur. Je me sens immobilisé, les bras étendus, impossible de bouger la tête ou le corps. Du bout des doigts, je sens mon portable. La douleur au crane est lourde, la moquette est tâchée. Je compose un numéro.
Black out. L'étoile rougeoyante se meurt, elle est tiède. Je vais pour l'embrasser du bout des lèvres. Encore un peu, juste un moment d'éternité avec toi qui que tu sois, je verrai ton visage au travers les archanges, boire tes idéaux tes idéales tes poisons la beauté habitée tes humanités les délices capricornes. Et alors je pourrai me laisser décliner dans tes bras... la lumière violine se dresse aux pieds de la noyée aux milles parfums.
Black out.
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