AccueilAccueil  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Comment participer ?Comment participer ?  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Fragment #488 – Le retour de Maya

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Altaïr

avatar


MessageSujet: Fragment #488 – Le retour de Maya   19.12.08 13:37

Vendredi 19 décembre 2008
à Paris

Voilà Maya. La déesse mésopotamienne au visage cuivré. Elle entre, magistrale, et la boutique toute entière frissonne de sa présence. Voilà Maya Sélim, celle que j’ai connu par le passé, la terrifiante. Ses cheveux bouclant répandent une odeur de camphre dans l’air, et ses paupières fardées de bleu et de vert pétillent d’un feu turquoise. Ses lèvres arborent un sourire arrogant, chargé de mépris, et tout dans son attitude se jette tête baissée derrière le rictus hautain, du déhanchement des fesses jusqu’au port royal de son cou. Regard en coin. Elle m’évalue. Elle me jauge. Il ne faut pas que je faiblisse devant elle, il ne faut pas que je la laisse me dominer comme autrefois, comme dans mes pires cauchemars. Pourtant, je croyais qu’elle avait changé, quelle était devenue quelqu’un d’autre. Ce lunatisme foudroyant me rappelle la violence de Jed, la fureur du loup-garou caché dans le garçon. Et il me pétrifie.
« Je comprends les gens mieux qu’ils ne se comprennent eux-mêmes. »
Maya me regarde, et je sens mes pensées qui s’échappent de mon crâne, aspirées par elle. Non, ne me lis pas, n’écoute pas ! Je ne veux pas que tu entres dans ma tête, je ne veux pas que tu y découvres tout ce que je suis, tout ce par quoi je suis passé, le feu et l’eau, la lumière et la mort. Je ne veux pas que tu saches que ma fascination pour toi, mêlée à ma folie, ont engendré dans les méandres de mon être un alter ego dangereux. Je ne veux pas que tu saches combien tu m’as toujours impressionné, combien tu m’impressionnes encore aujourd’hui. Alors vite, il faut copier son regard et le lui renvoyer, comme un miroir. Il faut puiser dans la force de mon empathie pour m’accaparer ses armes, comme le ferait Arthur face à Hathor.
Et mes sourcils se haussent avec dédain, les muscles de mon dos se relâchent en arrière, mon menton se relève. Je la fixe avec froideur, car du givre ardent s’est formé sur mes prunelles acajou de dieu antique. Qui est le plus haut, désormais ? Et qui est en bas ? Tout dans ma posture, dans l’indifférence soigneusement feinte, indique que je suis de taille à lutter contre elle.
« Alors, dit-elle d’une voix langoureuse, tu t’es bien amusé pendant mon absence ?
- Assez, je réponds. Et toi, ces vacances ?
- Je n’étais pas en vacances.
- Je sais. »
Maya est forte. Très forte. Elle ne trahit aucun signe de déstabilisation, rien n’a changé dans la grâce mouvante de son assurance. Elle se promène parmi les antiquités, impériale, laissant aller ses doigts sur elles, laissant à leur surface des sillons dans la pellicule de poussière. Son jeu lui plaît, elle sourit. Je me revois, dans ma douche, souvent, cracher ce même sourire.
« Comment va Sethi ? je demande, prêt à tout pour la faire tomber.
- Oh, à merveille, Julian, à merveille, répond-elle en me regardant droit dans les yeux, radieuse, après s’être figée comme une statuette de terre glaise. Et toi, comment va ta petite Laura ?
- Elle va très bien aussi. »
Nos mensonges agressifs se heurtent à mi-chemin et nous reviennent en plein visage. Pourquoi est-ce que tu fais ça, Maya ? Qu’est-ce que je t’ai fait ? Est-ce juste pour me punir de t’avoir demandé des nouvelles de ton frère, l’autre jour, au téléphone ? Est-ce qu’il s’est passé quelque chose à Toulouse qui justifierait une telle métamorphose, une telle réaction ?
J’ai espéré, en te retrouvant, que nous pouvons changer. A présent, je doute et ne sais plus que croire. Alors je repense à Lola, à son visage, à son sourire. Et la chaleur guérisseuse de son image, de son amour, m’envahit tout entier, me baigne de réconfort, et me rend tout à coup plus fort.
Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas changé que moi je ne peux pas le faire. Ce n’est pas parce que Maya est faible que nous le sommes tous. Je peux faire mieux qu’elle. Je vaux mieux qu’elle.
Alors je me lève, aussi détaché que possible, je jette les clés sur le comptoir, et je m’en vais, tête haute. Adieu, Maya. Moi je change de vie.


Dernière édition par Altaïr le 20.12.08 15:52, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://etoilesdencre.com/
Tureïs

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #488 – Le retour de Maya   19.12.08 23:50

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Altaïr

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #488 – Le retour de Maya   20.12.08 2:26

:)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://etoilesdencre.com/
Lucida Cymbae

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #488 – Le retour de Maya   20.12.08 14:29

Mais... Wouaw... Juste Wouaw!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alhena

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #488 – Le retour de Maya   21.12.08 19:39

Bravo Julian! Bien joué!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alsciaukat

avatar


MessageSujet: :)   24.12.08 17:42

Eh mais nan moi je voulais qu'il reste avec elle !! Mh... Bon, pas grave, je vais bien voir la suite !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.myspace.com/adrana
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Fragment #488 – Le retour de Maya   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fragment #488 – Le retour de Maya
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Maya 2 : Le retour
» [REQUETE] Activer le retour clavier sur HTC HD2
» [AIDE] HD2 et retour sav
» [RESOLU] Echange + retour SAV Orange
» [RESOLU] Restauration ROM Officielle et retour SAV

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etoiles d'Encre :: FRAGMENTS :: Julian-
Sauter vers: