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 Fragment #161 - Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps

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Altaïr

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MessageSujet: Fragment #161 - Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps   10.04.08 23:41

Vendredi 15 décembre 2006
à Dijon

Tout s’effondre dans la glace piège de la tragédie. Car il fallait que l’un de nous soit malade, n’est-ce pas ? L’injuste destin en avait décidé ainsi. Il m’a épargné, je suis sain, mais c’est toi Papa qui écope de cette immonde mort en attente. Le cancer du cerveau. L’organe le plus noble de mon Père est sous l’emprise du mal, et tous mes mondes s’écroulent. Cela fait plus de trois jours que je ne suis pas allé en cours. Le ruisseau visqueux de l’existence me dégoûte. Je ne peux plus avancer. A quoi bon ? A quoi bon tout ça ? Il n’est rien qui aie le moindre sens désormais. Je me sens vide, entre l’air et l’eau, un ectoplasme spongieux qui erre dans son appartement. Lola vient sécher mes larmes le soir en revenant de la fac. Elle voudrait m’aider, mais personne ne le peut. Je contemple le champ de ruine de ma vie.
Mon esprit enténébré s’enlise dans le sommeil.

Je suis dans le sanctuaire d’Anubis. Au cœur du labyrinthe. Mais rien n’est plus comme avant. Un bruit sourd martèle l’endroit de son tempo infernal. Les murailles qui suintent ravalent leur transpiration et s’assèchent puis s’effritent. Je marche droit devant. Les murs tombent un à un sous mes pas. Mon aura de dieu décharge des ondes de haine.
Trouver Anubis. Trouver le dieu à tête de Chacal et le détruire. A jamais.
Mais les scarabées. Ils m’entourent. Laisse moi, vermine infecte ! Laisse moi passer ! Où est-il, le dieu qui hante ces lieux ?
Les murs tombent. Les flammes blanches dévorent mon champ de vision…

Tout est blanc. Une immensité pâle. Il fait nuit. Une nuit d’opale. Ciel laiteux et clair.
Je suis à Reykjavik. Nalvenn est vêtue d’une petite robe de soie légère. Tu ne rentreras pas, hein ? Non, pas maintenant en tout cas. Petite luciole, tu me manques tellement… Comment pourrais-je continuer à vivre sans toi ? Il y a Mathieu, qui m’attend chez toi. Et Jed attend des excuses, il faudra les lui présenter. Et Lola, qui dort en cet instant à mes côtés. Elle attend, elle aussi.
Je ne suis pas seul. Nous regardons l’aurore boréale qui se lève. En silence. Entre l’aube et le crépuscule, une nuit sans fin. La poitrine chaude de Nalvenn. Son souffle qui la gonfle et l’abaisse avec une paisible régularité. Le vent dans ses cheveux. Je me sens bien ici, loin de la haine et du sang. Est-ce que je pourrai revenir ? Quand je le voudrai. Mes rêves seront le refuge de mon esprit, le temple caché de mes secrets.
Tout est blanc. La banquise islandaise aux cheveux d’argent qui s’étale dans la mer écumante. L’air reste si pur qu’on se baigne dedans. Le cri des mouettes au loin. Les couleurs qui se meuvent dans le ciel. Une danse enchantée. Le grand éclat d''ivoire. Le sourire étincelant du monde. Tentures irisées qui scintillent.
Je voudrais rester ici pour l’éternité, à contempler le spectacle de la nature. Il y a du beau en ce monde, Julian.

Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps.

Je m’éveille. Le dos de Lola est étendu à côté de moi. Comme un félin. Doucement je me glisse contre elle et la serre délicatement dans mes bras. J’ai vu la lumière trouant l’immensité du ciel. Je l’atteindrai. Avec toi Lola.
Vous imaginez, Julian heureux ? Moi pas. Mais je vais essayer. La vie n’est elle qu’un éternel combat entre l’ombre et la lumière ? Le destin m’ébranle et je m’embourbe dans mes ténèbres intérieures depuis trop longtemps, désormais il est temps de reprendre goût à mon existence.
Pour toi Papa, parce que tu m’as donné cette vie, et qu’aujourd’hui elle reprend la tienne.
Je m'en irai dormir dans le paradis blanc.

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Altaïr

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MessageSujet: Re: Fragment #161 - Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps   04.12.08 18:07

Putain, ça fait bizarre, de relire ça deux ans plus tard...
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Procyon

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MessageSujet: Re: Fragment #161 - Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps   04.12.08 20:05

idem
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MessageSujet: Re: Fragment #161 - Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps   

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