AccueilAccueil  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Comment participer ?Comment participer ?  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Fragment #30 - Un dîner presque parfait

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tureïs

avatar


MessageSujet: Fragment #30 - Un dîner presque parfait   15.01.09 22:55

Jeudi 15 décembre 2009
à Amiens

La table est mise, le repas est prêt. Quelques bougies se consument lentement, éparpillées ici et là sans ordre ni motif. Pierre vient dîner. Il sera là dans quelques instants. Bien que sa perfection ait quelque chose d'angoissant, je ne peux m’empêcher d’être attiré. Il est beau, intelligent et, malgré mes efforts, réussit à pénétrer mes défenses.
La sonnette retentit. Je lui ouvre, un sourire aux lèvres.
- Je t’attendais.
- Désolé, j’ai tout de même pris le temps de me doucher.
Il m’embrasse sur les deux joues de manière un peu appuyée. Pierre me tend une bouteille de rouge, du Morgon.
- Merci, il ne fallait pas.
- Bien sûr que si ; effectivement ta décoration semble sommaire.
Il rit doucement tout en observant les lieux. Je me surprends à regarder mon intérieur avec ses yeux. Effectivement c’est très sobre et utilitaire. Mais ce n’est qu’un pied à terre dont la raison d’être aura bientôt cessé.
- Oui, tes conseils seront les bienvenus. Installe toi, met toi à l’aise.
Il s’assoit sur le canapé, son regard parcourant la pièce. Je me demande ce qu’il y voit. J’apporte deux coupes de champagne ainsi que la bouteille, dans son seau à glace, et me laisse choir à ses cotés. Nous trinquons, les yeux dans les yeux.
- A l’amitié, dis-je tout en sondant son regard.
- A l’amitié et à l’amour, répond-il du tac au tac.
Je ne sais pourquoi mais quelque chose dans ces yeux me fait rougir, cet homme me donne en permanence la sensation de tout savoir sur moi.
- En tout cas je suis ravi de t’avoir rencontré, bizarre qu’on ne se soit pas croisé plus tôt.
- C’est normal, c’est un appartement de fonction, je n’y ai emménagé que mi décembre. Je ne suis arrivé qu’avec deux valises.
Il me fixe, il sait que je vais réagir, il attend ma réaction.
- Je croyais que tu avais toi-même fait la décoration.
- Oui je sais, je t’ai menti.
Les pensées tournent dans ma tête, à toute vitesse.
- Pourquoi ? Pour quelle raison ?
Il sourit. Dieu qu’il est joli ; il ne peut pas prétendre à la beauté de Roman, mais la sienne est plus naturelle, c'est un ensemble de défauts qui s’accordent pour donner quelque chose de plus saisissant que la perfection.
- Pour jouer avec toi.
Sa main se pose sur ma cuisse. Je l’enlève, ne savourant pas son jeu stupide.
- Ça suffit !
La colère m’envahit, je ne supporte pas que quelqu'un essaye de se moquer de moi. Je n’aime pas sentir que je suis manipulé, qu’on essaye de me tromper.
- Je suis criminologue. "Profiler" si tu préfère, j’ai été affecté à l’enquête concernant le meurtre d’Olivier. Je suis maintenant certain que c’est toi.
- Je vais vous demander de sortir.
Ma voix est calme et neutre malgré le vent glacial qui tourbillonne en moi. Je suis comme une feuille morte happée par un courant et attendant de s’échouer sur le rivage, privé de toute capacité d’agir.
- Tu me vouvoies maintenant. Bien, je ne crois pas que ce soit ce que tu désires réellement, assied-toi.
Je me rassois, ne sachant pas comment je me suis retrouvé debout.
- Ton erreur c’est le sac. Olivier avait oublié ses affaires de sport au lycée, dedans se trouvaient les vêtements qu’on a retrouvés sur le clochard. Ta CPE, madame Grégan, t’a vu partir avec un sac de sport de marque adidas identique à celui de monsieur Monsant. Je sais également que tu es gay et donc que tu es susceptible d’avoir été agressé par le lycéen. Enfin, il y a un an, tu as été admis à l’hôpital alors que tu étais dans le coma suite à une agression. Tu n’as pas porté plainte alors que tes parents sont décédés, tués par ton agresseur. C’est tout de même surprenant que tu n’aies pas porté plainte… C’est ce qui m’a mit la puce à l’oreille. Tu t’es vengé, sinon pourquoi aurais-tu emménagé à Amiens ? Pourquoi aurais-tu laissé tomber tes études de droit ?
Je suis atterré, moi qui croyais mon plan si parfait. Je sens le monde se dérober sous mes pieds, tout s’écroule et rien ne subsiste de ma vie. Déjà j’essaye d’envisager les sorties de secours possibles. Le néant, aucune porte dérobée, rien qui puisse me sauver. Moi qui me croyais si doué, je ne suis finalement qu’un raté.
- Je me trompe ? Apparemment non.
Je relève la tête et le regarde froidement.
- Que voulez vous ?
- Bien, nous y voilà. Je sais que tu as hérité de tes parents un joli magot. Pour le moment personne n’est au courant des conclusions auxquelles je suis parvenu. Personnellement, la mort d’un homophobe ne me fait ni chaud ni froid, je suis gay comme tu l’as saisi.
Le ton est ironique, un sourire flirte avec ses lèvres tandis que son regard se pose sur les bougies et sur la table.
- Par contre je ne couche pas avec les meurtriers, c est une question d’éthique. Désolé. Bien sûr ces preuves ne sont sûrement pas suffisantes pour te faire inculper. Toutefois si jamais un élément qui m’aurait échappé vient confirmer cette théorie, tu risques de passer les vingt prochaines années de ta vie à te faire enculer. Si tu souhaites que ton adorable postérieur ressemble à une quatre voies, dis le moi. J’attends un virement de cinquante milles d’euros d’ici demain soir sur mon compte. Tu ne m‘en voudras pas si je ne reste pas dîner.
Il se lève lentement. Je reste assis, incapable de bouger.
- Ne te dérange pas pour moi, je connais le chemin. Ne sois pas si triste ; on tombe toujours, un jour ou l’autre, sur plus fort que soi.
Il pose sur la table un papier : un relevé d’identité bancaire, et s‘en va.
La porte claque derrière lui, comme le marteau d’un juge qui me condamnerait. Une partie de ma vie vient de prendre fin.
Dans ma coupe, les dernières bulles de champagne viennent crever la surface. La sonnerie du four retentit, le rôti est cuit.


Dernière édition par Tureïs le 27.01.09 23:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Altaïr

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #30 - Un dîner presque parfait   15.01.09 23:26

Si il n'y avait pas eu toutes ces fautes qui m'ont gâché la lecture, j'aurais adoré ce frag.

Je me demande bien comment il va s'en tirer, maintenant
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://etoilesdencre.com/
Procyon

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #30 - Un dîner presque parfait   19.01.09 0:33

Quel bâtard ce flic. Mais il dot être super doué !!
Et notre Maël, qu'est ce qu'il va faire maintenant ? Un coup de batte sur le flic ? Quelques coups de reins dans le flic ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tureïs

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #30 - Un dîner presque parfait   19.01.09 21:49

XD
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Fragment #30 - Un dîner presque parfait   25.08.09 13:58

Arf, j’ai peur pour Maël… (c’est fou comme ce personnage est prenant…) hâte de savoir comment il va se sortir de cette affaire…Un autre petit meurtre ?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Fragment #30 - Un dîner presque parfait   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fragment #30 - Un dîner presque parfait
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un dîner presque parfait
» blogs de cuisine des participants au diner presque parfait
» Dîner presque parfait le magazine
» [Roughan, Howard] Un mensonge presque parfait
» Mise en place d'un diner presque parfait dans votre département!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etoiles d'Encre :: FRAGMENTS :: Maël-
Sauter vers: