AccueilAccueil  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Comment participer ?Comment participer ?  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Fragment #103 - Marcher parmis les morts

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tureïs

avatar


MessageSujet: Fragment #103 - Marcher parmis les morts   16.05.09 20:03

Samedi 16 mai 2009
à Paris

Je raccroche et me félicite d’avoir pris cette journée de repos. Même si je devais en profiter pour aller voir Babeth et ranger la porcherie qui me sert d‘appartement, cette visite des catacombes avec Lilian tombe à pic. Je ne sais pas vraiment pourquoi il a repris contact avec moi, mais je pense le découvrir bien assez tôt. Il est déjà treize heure et nous devons nous retrouver à la sortie du métro Denfert-Rochereau dans une heure. Je termine mon café et quitte rapidement le quatre rue Ravignan.
Je traverse tout Paris et arrive finalement assez tôt à la station de métro. Je m’assois sur un banc, dans l’attente de l’arrivée de Lilian. Ça me fait bizarre de le revoir, surtout après avoir appris le comportement de Nicolas. Je me sens presque aussi coupable que mon ami, comme si la noirceur de son acte m’avait entaché.
Lilian sort de la bouche du métro et me cherche du regard. Durant cette seconde, je réalise que le jeune homme innocent a bien changé. Son regard me semble plus sûr, sa démarche moins timide. Peut-être que le monde parisien ne l’impressionne plus. Je me lève pour lui permettre de me voir, tout en prenant plaisir à détailler son corps de jeune apollon qui s’ignore.
J’aurais peut-être dû prendre le soin de mieux m’habiller.
Mais non, ce n’est que Lilian dont le cul a été souillé et utilisé par Nicolas. Ce n’est qu’un provincial mal dégrossi, encore perdu dans la recherche de sa propre identité.
Mais il est charmant. Quand même.
Nous ne faisons presque pas la queue. La pensée de ces lieux construits sur des os me tourmente un peu, imaginer mon crâne se détacher petit à petit de ma chair tandis que toute pensée aura disparu depuis longtemps me terrifie.
- Bon, tu sais moi les crânes ça me fout un peu les boules. L’idée de disparaître, de perdre mon ego… L’idée de mon crâne vidé de son cerveau, de mes os dénudé. Je déteste ce néant qui nous attend, je hais l’inutilité de nos existences condamnées à l’oubli.
Lilian hoche la tête mais ne semble pas compatir à cette frayeur qui m’habite. J’aurais dû me faire accompagner par quelque un d’autre. Tant pis. J’espère que la visite passera rapidement.
Nous commençons la descente des escaliers, une spirale interminable qui semble mener droit vers les enfers. Les premières salles présentent des photos et d’autres informations relatives aux carrières de Paris et à l’utilisations des gisements de pierre. Nous traversons ensuite d’interminables couloirs par lesquels nous parviennent l’écho lointain des autres visiteurs. Nous débouchons au bout de quelques instants dans une gigantesque salle pleine de photos de squelettes encore habillés et étendus sur leur lit de mort.
Nous discutons tranquillement de tout et de rien, Lilian parait à l’aise mais quelque chose semble le préoccuper depuis le début de la promenade. Je lui parle de ma vie dans mon appart, de la solitude et de mes deux emplois, du peu de temps que j’ai pour moi. Il écoute attentivement sans réellement échanger, acquiesçant de temps à autre et ponctuant mes phrases d’onomatopées inutiles.
- Au fait, tu pourrais pas m’héberger ?
La question tombe entre nous comme un couperet. Le silence prend une dimension gênante tandis qu’il m’observe, dans l’attente de ma réponse. J’essaye de dissimuler le malaise qui m’habite tandis que je passe en revue le pour et le contre à cette colocation.
Bon, au pire je pourrais toujours le foutre dehors.
Cette pensée me soulage et me permet de lui répondre joyeusement :
- Évidemment, et tu arriverais quand ?
- Ce soir ?
- Ça me va.
Je ne sais pas dans quoi je m’embarque, pourquoi je laisse ce garçon venir chez moi. L’inquiétude me saisit, je ne sais même pas comment ça va se passer. Je ne le connais pas.
Les pensées défilent dans ma tête et s’arrêtent, noyées dans le silence provoqué par une annonce au dessus d’une porte :

Arrête ! C’est ici l’empire de la mort.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Menkalinan

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #103 - Marcher parmis les morts   17.05.09 11:09

Pourquoi tenait-il autant à aller dans les catacombes ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tureïs

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #103 - Marcher parmis les morts   17.05.09 14:07

C'est une manière pour lui d'affronter ses angoisses, après il faut y aller avec quelqu'un... J'aurais peut-être dû plus vous montrer le cheminement de ses pensées.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Altaïr

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #103 - Marcher parmis les morts   17.05.09 15:04

Maël et son éternelle fierté mal placée :)
Pourquoi, sinon par orgueil, vouloir affronter sa plus grande peur ? ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://etoilesdencre.com/
Procyon

avatar


MessageSujet: Re: Fragment #103 - Marcher parmis les morts   17.05.09 20:56

Un jour j'irai visiter les catacombes !!

Ca va donner, Lilian habitant chez Maël, de nombreux cross en perspactives

:D
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Fragment #103 - Marcher parmis les morts   

Revenir en haut Aller en bas
 
Fragment #103 - Marcher parmis les morts
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La vallée des morts - Egypte
» [Les éditions Le cherche midi] Le livre des morts de Glenn Cooper
» Des morts chez les "gentils" ?
» Masters of Horror (1) - La Danse des Morts
» [Gerritsen, Tess] Jane Rizzoli & Maura Isles - Tome 3: La reine des morts

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Etoiles d'Encre :: FRAGMENTS :: Maël-
Sauter vers: