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 Fragment #545 – Pensées pour Monika

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Altaïr

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MessageSujet: Fragment #545 – Pensées pour Monika   01.03.10 2:28

Dimanche 28 février 2010
à Paris
Mes paupières s'ouvrent sous un plafond blanc. Mon corps est allongé dans des draps de lin, et j'entends près de moi le glou-glou d'une gentille fontaine. Quelques oiseaux pépient, et un paon majestueux me regarde, assis au pied du lit, de son œil stupide. Je me redresse péniblement, il me semble que mes muscles n'ont jamais été aussi faibles, et des anneaux de plomb pèsent sur chacun de mes doigts. Le paon tourne la tête. Une femme apparaît. C'est la dame aux bras blancs, qui m'apporte une coupe d'argent. Elle s'assied à côté de moi, le visage souriant, et incline la coupe remplie de lait. Je sens le liquide à plein nez, qui colle sur mes lèvres et coule dans ma gorge, et les doigts de la dame aux bras blancs qui se resserrent sur ma nuque, tirant mes cheveux, et la coupe qui s'enfonce davantage contre ma bouche. Le lait me donne la nausée. Il déborde et ruisselle sur mon menton, le long de mon cou, inonde les draps. La dame aux bras blancs sourit, et je ne peux pas bouger, car les anneaux à mes doigts sont plus lourds que des montagnes.

Je me réveille en sursaut dans la semi-pénombre. Le lit est désert, un ensemble de vallons et de plis sans forme. Je passe une main sur mes yeux. Sur mon I-phone, je lis qu'il est déjà presque midi, et Monika ne m'a pas laissé de message. Dehors, on entend le vent qui tape contre les murs, enragé. Cette nuit la pluie m'a empêché de dormir.
Je me lève et ouvre la fenêtre. L'air glacé entre soudain et me frappe au visage, bienfaisant. Le ciel est gris, des gens passent dans la rue. Une bruine tombe sur mes joues comme des larmes, et je referme la fenêtre. Une pensée pour Monika. Il pleut sur les vitres, le bruit des gouttes est lassant.
Je rejoins les autres dans la cuisine. Florian aide Enki à faire ses devoirs. Comme s'il en avait besoin. Enki est un surdoué, et c'est le fils de mon frère, mon neveu. Il nous a rejoint ici peu après que nous avons emménagé, et nous le connaissons encore à peine. Quand j'étais gamin, je suis tombé dans l'eau d'une piscine, en vacances. Je devais avoir neuf ou dix ans. C'était une petite villa à louer, près de Barcelone, nous y venions presque chaque été. Ce jour-là, un garçon est venu me sauver. Il s'appelait Joàn. Longtemps, il est resté là, dans ma mémoire, juste sous ma peau. Et ce jour-là, ou peut-être le lendemain, ou le jour d'après, mon frère et la fille du propriétaire ont baisé dans cette même piscine. Ce qui fait que mon neveu Enki est ici parmi nous, échappant à sa mère dépressive et droguée. Ici, c'est la maison de grand-père, dans le troisième arrondissement de Paris. Mes frères et moi y vivons depuis quelques mois, et nous l'aimons bien.
Je m'assieds à côté des deux autres et me prépare une tartine de beurre et de miel d'acacia. A la télévision, on parle de la tempête qui traverse la France. Je me demande à quoi pense Monika. Florian me propose de corriger la rédaction d'Enki, le gamin hausse les sourcils. Je jette un oeil à son devoir, n'y voit aucune faute et trouve le tout bien écrit. Je le lui rends avec un signe de tête. Enki me sourit gentiment sous ses cheveux longs, car nous nous entendons bien. Je me demande encore à quoi pense Monika.
Lilian rentre de soirée et nous rejoint. Il a sous les yeux des marques noires, et sa voix est enrouée d'avoir trop hurlé et chanté. Il demande à Florian où est Léa, et Florian lui répond que Maura l'a emmenée à la Cité des Sciences. Il se tourne vers moi et me demande si je vais bien, je réponds que oui, il me parle de Lola et de notre fille mais je réponds très vite que je n'ai pas de nouvelles et que je n'en veux pas. Je me lève et quitte la cuisine, où les questions me dérangent et où le silence est venu s'installer, pesant de tout son poids sur nos épaules. Pas envie de parler de tout ça, pas envie de revivre ces choses. L'absence et la douleur, et le cri de l'eau dans la Seine, le brancard et les odeurs d'éther. Papa et maman en larmes à mon chevet, et vos mines d'enterrement, alors que je suis toujours là.
Je préfère penser à Monika.
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Tureïs

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MessageSujet: Re: Fragment #545 – Pensées pour Monika   01.03.10 14:41

Mais c'est qui cette Monika ????
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Altaïr

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MessageSujet: Re: Fragment #545 – Pensées pour Monika   02.03.10 2:16

Suspens !
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Procyon

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MessageSujet: Re: Fragment #545 – Pensées pour Monika   03.03.10 20:11

Après que + Indicatif (corrigé)
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Tureïs

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MessageSujet: Re: Fragment #545 – Pensées pour Monika   03.03.10 22:22

Et à part faire remarquer une faute, le fragment t'en penses quoi Pro ? ^^
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Procyon

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MessageSujet: Re: Fragment #545 – Pensées pour Monika   04.03.10 2:46

Suspens...
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MessageSujet: Re: Fragment #545 – Pensées pour Monika   

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