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 Fragment #549 - Les machines et les ombres

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Altaïr

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MessageSujet: Fragment #549 - Les machines et les ombres   04.03.10 23:56

Jeudi 4 mars 2010
à Paris
C'est le printemps avant l'heure. Un soleil pâle brûle dans l'azur. Je regarde ses rayons qui glissent à travers la vitre, coupants comme des lames. Personne n'est venu ce matin à la boutique, et j'ai laissé couler le temps sans rien faire. L'heure a tourné lentement. A midi, j'ai fermé la porte et suis parti à la faculté, croquant à pleine bouche un sandwich parisien hors de prix. Dans l'amphithéâtre, j'ai suivi un cours et pris des notes à m'en briser le poignet, puis je suis parti, les doigts plein d'encre, en me glissant comme une ombre parmi les étudiants. Ici, nous ne parlons pas, nous ne sommes pas amis. Il n'y a que des solitudes ambulantes, qui craignent leur avenir et le regard des autres. Nos yeux se fuient sans cesse, nous rasons les murs. Ceux qui rient en petits groupes, nous les dévisageons, et la honte nous saisit lorsque nous mangeons, en silence et seuls dans un coin, les pupilles fixées sur un angle de mur ou un morceau de carrelage gris. Je me suis installé à la BU pour travailler un peu. C'est peut-être le seul endroit de Paris 8 qui vaille la peine, car dans l'ensemble, l'Université de Saint-Denis est d'une laideur sans équivalent, pire encore que celle de Dijon. Je m'installe à une table du coin littérature, je prends des notes pour mon mémoire de licence, puis, fatigué, me retrouve dans la salle audiovisuelle. C'est une pièce circulaire et silencieuse, où fleurissent des grappes de téléviseurs. Je consulte la banque de données, et apporte la cote et ma carte au surveillant, qui me donne un numéro de poste. Je m'assieds devant le numéro 11 alors même que commence le générique du Parrain. J'aime la voix du vieux Brando et le regard sensible de Pacino, mais au bout d'une demi-heure, je coupe le film et m'en vais. Cette histoire remue en moi des souvenirs douloureux.

Je me retrouve dans un bar avec Monika. Nous parlons de tout et de rien. Toujours cette vague froideur, ces sourires concis, ces coups d'œil légers. Nous ne nous ouvrons pas l'un à l'autre, et après tout, je me dis que je suis injuste de lui en vouloir. Au fond, je ne l'aime pas. Son air glacé m'agace, ses gestes travaillés la rendent pareille à une machine. Je n'ai rien à dire aux machines, à tous ces gens fait de rouages et de fer, qui récitent leur texte et modulent leur voix. Je n'ai pas d'amour à leur donner, à tous ces êtres sans chair qui respirent le gel et l'acier. Alors, pourquoi réclamer leur attention ? Pourquoi attendre leur amour, puisque je ne rendrai rien en retour ?
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Tureïs

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MessageSujet: Re: Fragment #549 - Les machines et les ombres   05.03.10 0:17

Pourquoi ? Parce qu'on en a besoin parfois, peu importe d'où et de qui ça vient...
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Altaïr

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MessageSujet: Re: Fragment #549 - Les machines et les ombres   05.03.10 0:27

C'est pas très respectueux envers les autres, ce genre de pensée... Et c'est justement ce dont Julian a conscience dans ce frag, je crois ^^
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MessageSujet: Re: Fragment #549 - Les machines et les ombres   

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