Aldébaran
| Sujet: Fragment #24 - Soif 09.04.08 23:38 | |
| Samedi 15 juillet 2006 à Chenôve Je reste à la maison aujourd’hui. Tous les volets clos. Je n’en peux plus de cette chaleur étouffante, je crois mourir. Des perles de sueur dégoulinent le long de mon front, passent auprès de mes yeux, descendent vers le coin de ma bouche. Je les avale. Attraper un peu d’eau au passage. Mais ce n’est que sel et recyclage. J’ai soif. J’ai très soif. Je cours au robinet, je prends un verre. L’eau coule le long des parois du verre jusqu’à mes lèvres, jusqu’à ma bouche. Elle roule sur ma langue, court le long de ma gorge. Je me sens renaître. Mais à peine descend-elle le long de mon œsophage qu’elle s’évapore. Un feu me brûle de l’intérieur. L’eau semble ne plus exister pour moi. Et pourtant, je la sens qui coule le long de mon bras, passant sur mes doigts, mon poignet, goutte le long de mon coude. Mon image déformée par le fond du verre. Je cours au torchon, m’essuie l'avant-bras. Je ne supporte plus cette eau qui s’évapore à peine arrivée à mes commissures. Cette eau est-elle assimilée par mon organisme ? Ou disparaît-elle à peine entrée ? J’ai l’impression de n’être que feu évanescent, prêt à tout pour survivre, tout dévorer sur son passage. Dévorer l’oxygène, dévorer si possible jusqu’à ceux qui lui ont donné naissance. L’eau n’est plus. Evaporée. Je suis le dévorant, le brûlant, le mortel. Vous aurez chaud d’abord, vous m’approcherez ; mais on se brûle à mon contact. Et si on approche trop près du foyer de mon âme, si on voit à travers le vide de mes yeux verts –the green eyed monster--, on comprend ma soif. De vengeance, de sang. Soif de vie comme soif de mort. | |
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